
Le 1er octobre 2024, la Cour administrative d’appel de Nantes s’est prononcée sur la question de l’atteinte excessive d’un parc éolien au paysage et au patrimoine archéologique d’un lieu. Dans cette affaire, les associations pour la Protection de l’Aber Ildut et l’association Sauvegarde des Paysages d’Iroise ainsi que des particuliers contestaient l’autorisation environnementale accordée par le préfet du Finistère permettant l’installation et l'exploitation d’un parc éolien sur la commune de Porspoder.
Les dispositions du code de l’environnement prévoient que l’autorisation environnementale doit comporter des mesures qui assurent la prévention des dangers ou inconvénients sur des intérêts spécifiques (articles L181-3 et L511-1 du Code de l’environnement). Dans son autorisation, le préfet devait donc prendre en compte la commodité du voisinage, la santé, la sécurité, la salubrité publique, l’agriculture, la protection de la nature et des paysages, l’utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, l’utilisation rationnelle de l'énergie, la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique.
Les éoliennes terrestres sont à ce titre susceptibles d’impacter visuellement le paysage environnant du fait de leur taille importante et de leur présence dans le paysage. Le juge doit donc prendre en compte la visibilité du projet sur le paysage et sur les sites et monuments du patrimoine archéologique notamment dans le cadre d’un projet de parc éolien lorsqu’il examine une autorisation environnementale (CE, 04 octobre 2023, n°464855). C’est précisément sur ce fondement de l’impact visuel sur le paysage et le patrimoine archéologique que la Cour administrative d’appel de Nantes s’est fondée pour annuler l’autorisation environnementale délivrée par le préfet du Finistère. Il convient de préciser, que le pourvoi formé à l’encontre de l’arrêt de la Cour administrative d’appel a été rejeté le Conseil d’Etat le 10 octobre 2025 (CE, 10 octobre 2025, n°491796).
Pour aboutir à ce raisonnement, la Cour administrative d’appel de Nantes retient une atteinte excessive au paysage compte tenu des co visibilités générées par le parc éolien sur le littoral remarquable ainsi que sur les iles situées au large de Porspoder à proximité de la zone d’implantation du parc éolien :
La Cour retient d’autre part pour fonder son raisonnement une atteinte excessive au patrimoine archéologique entourant la zone d’implantation du projet de parc éolien :
La Cour administrative d’appel concluait que l’atteinte au paysage et au patrimoine archéologique était excessive et annulait l’autorisation environnementale du fait de l’absence de possibilité de régularisation de celle-ci.
Dans une décision similaire, on note que la Cour administrative d’appel de Nantes dans une décision du 15 avril 2025, s’est également prononcée avec un raisonnement similaire quant à l’impact visuel d’un parc éolien sur le paysage dont l’implantation était prévue sur le mont dut Ménéz-Hoguéné (304 mètres d’altitude) et pour lequel le projet avait été refusé par le préfet de Cotes d’Armor.
Dans une décision récente du 30 septembre 2025 concernant l’impact visuel d’un parc éolien sur la conservation du château de Rochefort, le Conseil d’Etat a estimé que l’impact visuel devait s’apprécier non seulement sur les « vues portées sur le monument en cause mais aussi, le cas échéant, son impact sur les vues offertes depuis le monument ».
En outre, le Conseil d’Etat a précisé qu’il ne doit « être tenu compte uniquement des vues offertes « depuis les points normalement accessibles du monument et dont la qualité est telle qu’elles participent effectivement de la conservation de celui-ci » (CE, 30 septembre 2025, n°49281).
Lien vers le communiqué de presse et la décision de la CAA de Nantes du 01er octobre 2024
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